15 heures 30 – 16 heures 15 Carrières Privées : les métiers de la R&D

Intervenants 

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Elisabeth Peyrot (Entreprise Gattefossé)


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Nadia Skander (BT Pharma)


Elisabeth Peyrot       
Elle est salariée d’une PME de la région lyonnaise, qui fabrique des excipients pour la pharmacie et des agents de texture pour la cosmétique. Il y a donc plus ou moins 2 métiers.
Elle a terminé sa thèse de recherche en phytochimie à Montpellier en 1993 et a mis 3 ans à trouver son poste. Elle fait de l’analyse de plantes, de l’oléochimie. Elle a été à la paillasse au début, mais comme l’équipe de R&D s’est étoffée (5 personnes en charge), elle s’occupe plutôt maintenant de l’organisation, ce qui est le lot de beaucoup de chercheurs. Elle considère qu’elle a de la chance, car elle a un poste qui correspond à son profil, ce qui n’est pas le cas de beaucoup : le monde de la recherche privée n’est pas très grand. Il y a la pharmacie, la chimie de moins en moins, quelques entreprises qui font de la cosmétique, ce qui est porteur actuellement.
Si, après la thèse, on ne trouve pas de poste de recherche, on a néanmoins acquis de l’autonomie, on a des projets, ce sont des qualités pour faire de la gestion de projet ; on peut aussi s’orienter vers la démarche qualité, c’est un peu moins concret, mais cela requiert un certain esprit de synthèse en adéquation avec ce qu’on apprend en thèse.
Par ailleurs, lorsqu’on a un bac+8 ou +10, on a acquis une bonne connaissance technique, qu’on peut utiliser au travers de la vente de produits, même si on ne les a pas développés, on les comprend plus facilement ; cela peut être un débouché de thésard.

 
Nadia Skander           

Elle travaille près de Toulouse dans une petite biotech ; BT Pharma est une jeune entreprise, qui développe des vaccins thérapeutiques qui ciblent le système immunitaire anti-cancéreux. Elle compte 9 salariés, dont 6 docteurs en biologie.
Son parcours : du DEUG à la thèse à Montpellier, puis un DEA en biologie santé, et enfin une thèse dans le domaine de la thérapie génique. Elle a été toujours été axée sur la recherche appliquée et pas sur la recherche fondamentale. En DEA, elle a travaillé dans un laboratoire d’immunologie, puis en thèse, elle a développé des vaccins pour le traitement de maladies du système neuro-central. Elle a également fait des stages dans des laboratoires de recherche purement fondamentale.
Cela lui a permis d’acquérir beaucoup de compétences, qui ont intéressé BT Pharma.  Elle a trouvé l’offre sur le site de l’ABG, la société cherchait au départ un ingénieur de recherche en biologie moléculaire. Elle a postulé, son CV a intéressé l’entreprise par ses autres compétences et deux mois après la soutenance de sa thèse, elle a commencé à travailler.
En 6 mois, elle a pu voir le monde du privé, elle s’y plaît énormément. Elle avait d’ailleurs décidé dès le DEA de ne pas intégrer le secteur public.
 

Questions
Quelles différences entre un laboratoire public et un laboratoire privé ?
Nadia Skander : elle est arrivée avec l’idée que dans le privé, on avait énormément de moyens alors qu’à BT Pharma, ce n’est pas le cas : le matériel est d’occasion, les dépenses sont limitées. La différence avec les grandes entreprises pharmaceutiques, c’est que les petites Biotech, tant qu’elles n’ont pas développé leurs produits et tant qu’elles ne les ont pas mis sur le marché, n’ont pas de revenus.
Cela étant, le travail est le même, mais dans le privé, il y a toujours des objectifs à atteindre, des délais à respecter. On ne peut pas non plus faire des expériences pour le plaisir.
Autre point : lorsqu’on veut développer quelque chose, il faut d’abord rechercher s’il y a un brevet, les choses sont très réglementées, tout ce qui est fait doit être répertorié.


Elisabeth Peyrot : les projets doivent toujours être suivis au plan financier, on ne peut gaspiller pas son temps, il faut donner des résultats. Les objectifs sont plus courts, plus cernés, cela génère de la pression. Il faut également savoir travailler en équipe, c’est primordial.
 
Est-on amenés à présenter ses résultats à l’extérieur ?
Elisabeth Peyrot : oui, plus ou moins, car il y a beaucoup de confidentialité
Le but n’est pas de faire une publication, mais si on dépose un brevet, il faut le faire savoir, dans des congrès par exemple.
 
Est-ce que les laboratoires pharmaceutiques recrutent des docteurs  en sciences humaine, par exemple en marketing  ?
A priori non ; cela ressort plutôt du domaine commercial que sociologique