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Intervenants |
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Augustin Valéro (Florian Mantione Institut) |
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Philippe Carlier (Dale Carnegie Training) |
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Marie-Ange Becker (Relations Entreprises - ESSEP BIO / IPROB) |
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Charles-Louis Oriou (IAE) |
Augustin
Valéro
Le
rôle du recruteur consiste à rechercher une adéquation
entre un profil et un candidat ; ce profil découle des
caractéristiques de l’entreprise et de la définition
de fonctions.
Le
profil va être évalué à partir du savoir,
du savoir-faire et du savoir-être du candidat. Les outils
du recruteur sont nombreux : le CV, l’entretien, les
tests, le contrôle des références, la lettre de
motivation, la graphologie. Mais il faut savoir que le recruteur
procède toujours par indices pour s’assurer de la
pertinence de la candidature.
Les
docteurs doivent mettre en avant leur formation, car c’est une
composante importante dans l’évolution du candidat ;
elle justifie d’un savoir, d’un parcours par rapport à
un projet professionnel, des aptitudes telle que la persévérance
et la motivation, car il en faut pour mener à bien une thèse,
l’autonomie.
Les
points faibles du docteur sont une méconnaissance du
monde de l’entreprise, des méthodes de travail et du
langage, des difficultés à exprimer ses compétences,
tout cela a une incidence sur le recrutement.
Besoin
d’une formation complémentaire ?
En
fait, il y a quelques points à traiter au préalable :
savoir faire face aux préjugés, être prêt à
y répondre, faire connaître et reconnaître ses
compétences ; deux aspects sont à travailler
absolument : le CV et l’entretien de recrutement.
Il
faut savoir que le CV ne sert qu’à obtenir un
rendez-vous, c’est tout. Le recruteur doit pouvoir s’y
retrouver par rapport aux termes de l’annonce (missions,
projets) ; il faut indiquer les stages, c’est une
expérience professionnelle.
Pour
l’entretien d’embauche, c’est le candidat qui est
le mieux placé pour savoir s’il correspond au profil :
il faut donc récolter un maximum d’informations pour se
positionner par rapport à son interlocuteur ; il faut se
préparer à l’entretien pour faire face aux
questions, notamment personnelles, car la personnalité fait
souvent la différence.
En
conclusion : on peut éventuellement faire une formation
technique, mais en réalité, l’intérêt
de ceux qui quittent le monde universitaire est de trouver rapidement
un emploi, valoriser ses expériences. Donc un stage et une
préparation approfondie des techniques de recrutement, un
travail sur le CV peuvent permettre d’aller plus loin.
Question :
Entre un docteur et un ingénieur, quel sera le mieux
positionné vis-à-vis du recruteur ?
Cela
dépend vraiment de ce que recherche l’entreprise.
Philippe
Carlier
Dale
Carnegie a été fondé en 1912, il est présent
dans 80 pays, et a formé 6 millions de personnes dans le
monde, dont 100.000 en France – 400 des entreprises les plus
performantes du monde travaillent avec ce cabinet. L’index de
satisfaction des personnes qui se sont entraînées avec
lui est de plus 83 %, ce qui veut dire qu’il y a eu des
percées, des changements d’habitudes
Dale
Carnegie est un créateur d’habitudes
Quelle
est la qualité principale, essentielle, d’une personne
qui a réussi ? Ce ne sont pas forcément ses
connaissances. Très souvent, c’est l’attitude, le
comportement, parce qu’il faut toujours faire plus, mieux, avec
moins de moyens, ce qui génère du stress. Donc, il faut
garder une bonne attitude, un bon comportement, ce qui représente
actuellement 80 % de la réussite dans les entreprises.
Le
choix a été fait chez Dale Carnegie de travailler ces
données à 85 % ; il y a des habitudes qui
poussent, d’autres qui freinent : il faut les identifier,
les changer et par conséquent avoir conscience qu’on en
a besoin, apprendre les techniques et les appliquer tous les jours,
se faire.coacher.
Les
techniques :
L’impact :
donner de soi une image positive, naturelle et détendue,
s’exprimer avec conviction et clarté, inciter les autres
à agir, mieux communiquer sous pression, susciter l’adhésion
à un changement.
Le
leadership : entreprendre plus, rallier les gens à son
opinion, entrer dans une logique d’entreprise.
Marie-Ange
Becker
Pour
apporter une réponse à la formation
complémentaire, elle présente les données de la
1ère session 2005 de la formation ESSEP 8 proposée
aux docteurs en sciences de la vie.
Il
y avait 20 participants, docteurs, dont 90 % étaient en
recherche d’emploi, tous d’origine géographique et
d’universités différentes, la répartition
par âge et par sexe étant à peu près
égale.
90
% d’entre eux avaient fait un doctorat sans aucun lien avec
l’entreprise. Au début de la formation, 14 n’avaient
aucun projet professionnel défini – 3 voulaient quitter
la recherche – les 3 autres avaient une orientation plus ou
moins bien définie.
Sur
les 14 : 7 ont fait leur mission en R&D, 3 en marketing, 1
en assurance qualité ; les 3 qui voulaient quitter la R&D
ont opté pour le marketing, et les autres ont suivi une
formation dans le secteur qu’ils avaient choisi.
A
la fin de la formation, 84 % d’entre eux ont un emploi, dont 6
en CDI.
Les
partenaires de la session sont des entreprises de biotechnologie,
soit des grands groupes, soit des PME, soit de très jeunes
entreprises encore en incubation, ainsi que des structures
d’accompagnement.
La
formation est de 2 mois, tous les intervenants sont des
professionnels, qui viennent pour la plupart des industries de
biotechnologie, de structures d’accompagnement, de
cabinets-conseils. Cette démarche comporte 3 temps :
l’initiation aux bio-industries, l’acquisition des bases
du professionnalisme en bio-industries, et enfin, la construction
d’un projet professionnel personnalisé.
Pendant
ces 2 mois, les docteurs travaillent sur des projets, sous la
responsabilité de référents, puis effectuent une
mission de 6 mois en entreprise ; ils sont accompagnés
dans leur démarche.
La
prochaine session aura lieu en avril 2006.
L’emblème
de la formation est la passerelle, puisque effectivement elle fait le
lien entre le monde universitaire et le monde des biotechnologies.
Charles-Louis
Oriou
Il
ne peut que répondre positivement à la question posée
en exergue de la conférence, puisque l’IAE forme à
la double compétence (MAE Gestion de l’entreprise,
Master management) ; de plus, c’est la réalité,
dès le recrutement, on envisage tellement d’ambitions
pour les candidats docteurs qu’on va leur demander d’abandonner
leur spécialité pour devenir des managers.
Et
cette compétence, il faut la développer. Des doctorants
viennent à l’IAE recevoir une formation complètement
nouvelle dans des domaines qu’ils ne possèdent pas :
la gestion, la communication, les finances, toutes les compétences
nécessaires pour assurer une fonction managériale.
Lui-même intervient en psychologie du management, il les
prépare aux entretiens de recrutement.
Une
des premières choses qu’il dit à ses étudiants
: « Votre vie professionnelle va durer 40 ans, il faut
vous régaler pendant tout ce temps, sinon ce sera
redoutable !».
La
seconde règle dont il faut prendre conscience, c’est
qu’actuellement c’est le chaos dans l’organisation
économique, l’entreprise a une visibilité à
six mois ; les capitaines d’industrie veulent
vraiment embaucher des collaborateurs ayant plusieurs
compétences, pour faire face aux imprévus. On peut donc
comprendre les demandes et les exigences du recruteur :
avez-vous les compétences ?
C’est
à ce moment-là que le recruteur doit découvrir
la richesse que les docteurs ont en eux, alors que les docteurs
pensent que leurs compétences sont évidentes. Les
docteurs doivent réfléchir sur l’ensemble des
compétences qu’ils ont déjà acquises, en
termes d’actions, le formuler ainsi dans leur CV (capacités
à animer, gérer, à résoudre les
problèmes) et le vendre avec conviction et enthousiasme.
L’entreprise a besoin de gens qui ont envie d’aller de
l’avant.
L’IAE
n’est pas une école privée, il s’inscrit
dans le cadre de l’université.
Commentaires
Christelle Siddi
: Plutôt que de perdre une année en faisant une nouvelle
formation après le doctorat, il vaut suivre celle-ci tout en
travaillant sur sa thèse, puisqu’on peut le faire
sur un ou deux ans
Charles-Louis
Oriou : c’est tout à fait faisable en un an
Augustin
Valéro : les docteurs ne possèdent pas le vocabulaire
du monde de l’entreprise, il faut faire un effort et s’y
intéresser, notamment en lisant la presse économique.
Cela permet également de cibler les entreprises qui ont des
projets, et par conséquent cerner les possibilités de
recrutement (beaucoup d’emplois sont « cachés »).
Il faut comprendre ce qui se passe dans sa région, maîtriser
son environnement.
Marie-Ange
Becker : il faut du dynamisme, l’entreprise attend une
personne avec laquelle elle a envie de travailler.
Docteur
étranger : il faut faire valoir sa compétence :
connaissance d’un pays, d’une langue
Charles-Louis
Oriou : ce qui est important, c’est de coupler ses
compétences et sa motivation, pour démontrer à
l’entreprise que vous pouvez l’aider à atteindre
ses objectifs.