N° 21 - Octobre 1999
Permanences chaque mardi et jeudi de 13H à 14H.
Tel/Fax/Rép. :04-67-14-42-83 et E-mail : ICI
Parmi les différents papiers que vous aviez déjà à remplir pour vous inscrire en troisième cycle, un petit nouveau s'est glissé. En effet, depuis la première mise en forme du projet, nous en sommes arrivés aux derniers réglages pour la mise en place de ce qui sera le premier annuaire des anciens de l'UM II : l'ADM ou Annuaire des Docteurs de l'académie de Montpellier.
Grâce aux quelques informations que vous mettrez à la disposition de l'admini-stration par l'intermédiaire de cette fiche, nous pourrons incrémenter une base de données qui mettra en avant la diversité et la qualité des formations doctorales de notre université. En effet, à court terme, nous envisageons de générer un serveur web qui permettra de visualiser tous les sujets des thèses qui ont été soutenues au sein de l'université Montpellier II avec le nom et le devenir de ceux qui ont permis de mener à bien ces recherches. Ce serveur, dont l'architecture est déjà en place, sera hébergé par le CRIT et permettra de contacter par un simple lien internet les boites aux lettres électroniques de ceux qui auront donné leur accord.
Les anciens pourront mettre à jour régulièrement leurs fiches grâce à la mise en place d'une page web prévue à cette effet. Nous pensons qu'il est possible de motiver ces personnes dans cette démarche, sur la base d'un échange de services tels que :
* Attribution gratuite, d'une boite aux lettres électronique " @crit.univ-montp2.fr", qui sera utilisable, même des années après la thèse. Cette adresse est un moyen de contact idéal. En cas de non utilisation pendant plus de 12 mois consécutifs, une procédure de suppression automatique de la boite électronique et d'alerte des responsables de l'ADM s'enclencheront.
* Envoi à chaque membre de l'annuaire d'une édition papier et/ou CD-ROM (avec hypertexte) de l'ADM et d'une clef d'accès via Internet.
* Possibilité de bénéficier gratuitement du service ADOCAM : Annuaire de mini-CV des Docteurs de l'Académie de Montpellier diffu-sé annuellement auprès de 3000 laboratoires, entreprises, et cabinets de recrutement sur toute la France.
* Organisation d'une fête annuelle des écoles doctorales de l'Université Montpel-lier II permettant aux anciens de se retrouver
* Organisation de forums entre docteurs issus de l'UMII et doctorants.
D'autres initiatives se mettront en place autour du projet grâce à vos idées et vos propositions. C'est grâce à votre aide que cet annuaire prendra toute son ampleur.
Cet annuaire sera un outil fabuleux de valorisation et d'évaluation des formations doctorales en terme d'insertion profession-nelle. L'analyse des parcours d'insertion, au-delà des débouchés traditionnels, pourra apporter les bases rationnelles d'une politique d'évolution de l'encadrement des doctorants au sein des écoles doctorales.
L'actualisation sera difficile car la recherche d'emploi du jeune docteur en fait une personne très mobile (post-doctorat, poste dans une autre région ou à l'étranger, recrutement) et donc difficile à contacter. Contact prévoit des relances multiples auprès des anciens docteurs. Ceux-ci devront également avoir une démarche active vis-à-vis de cet annuaire en réactualisant leur fiche à chacun de leur déplacements géographiques ou professionnels. De plus, pour établir un réseau de solidarité entre les anciens et les nouveaux docteurs, il sera nécessaire d'animer cet annuaire. Cette politique de suivi des docteurs doit donc être menée sur le long terme et c'est pourquoi un deuxième emploi a été crée à l'association Contact.
Cette action si vous voulez bien y participer permettra d'initier par la suite ce qui pourrait être le premier réseau des anciens docteurs de l'académie qui manque cruellement aux personnes issues d'un tel cursus.
Voilà, de manière succincte, comment nous avons imaginé
et monté le projet. Votre avis ou vos propositions peuvent permettre
de l'améliorer. Vous pouvez obtenir plus d'informations sur le serveur
de l'association. Donc si ce dossier vous intéresse, ou si vous avez
d'autres idées en tête, n'hésitez pas à nous
contacter.
Les difficultés que rencontrent actuellement les docteurs en Sciences pour trouver un emploi conduisent un bon nombre dentre eux à sinterroger sur ladéquation de leur formation et de leur diplôme aux besoins réels du marché du travail.
Les études doctorales que nous suivons, paraissent bien adaptées aux besoins des laboratoires des Universités et des grands organismes publics de Recherche. Cependant, sans que ces sources traditionnelles soient complètement taries, loffre correspondante na pas suivi laccroissement du nombre des diplômés de haut niveau.
Il est donc important pour nous, doctorants, de se tourner vers les entreprises qui offrent aujourdhui de plus en plus de possibilités dembauches aux docteurs.
Ainsi à lAutomne 1997, lassociation Contact, en collaboration avec lIAE (Institut d'Administration des Entreprises) a mis en place une formation parallèle intitulée: "Initiation en économie et gestion dentreprise". Cette formation, dispensée par des enseignants de lIAE et des profession-nels, a pour but de sensibiliser les doctorants scientifiques à la gestion de lentreprise et à la place de cette dernière dans léconomie.
Forte de son succès, elle a été reconduite à la rentrée 1998 et a accueilli une trentaine détudiants. Son volume horaire de 40 h était réparti en 20 cours hebdomadaires de 2h (18h30-20h30). Au cours de ces séances, 8 thèmes ont été abordés :
- lentreprise dans la vie économique
- la représentation structurelle de lentreprise
- le système support logistique
- la technostructure
- le droit commercial
- le système de décision-contrôle de gestion
- les représentations comptables et financières de lentreprise.
Tous les participants ont exprimé leur vif intérêt et enthousiasme concernant cette initiative et disent avoir beaucoup appris au cours cette formation. De plus, 69% d'entre eux souhaitent se tourner vers le monde des entreprises.
Il est donc clair qu'une telle formation a réellement sa place au sein d'un cursus universitaire de 3ème cycle. Pour cette nouvelle année universitaire, il est ainsi question que cette formation parallèle soit prise en mains directement par les écoles doctorales afin de l'intégrer dans la formation doctorale.
L'association Contact reste, bien sûr, toujours impliquée dans
cette initiative et se tient donc a votre disposition pour de plus amples
renseignements. Ecrivez à
Loïc
Les 30, 31 octobre et 1er novembre prochain, la Confédération des Etudiants-Chercheurs (C.E.C.) tiendra son assemblée générale à Montpellier. Contact faisant partie de la CEC, tous ses membres sont invités à participer aux diverses réflexions qui auront lieu. Les thèmes traités sont en rapport avec la formation doctorale, le statut social de l'étudiant-chercheur et les débouchés après la thèse, tant dans le public que dans le privé. Le programme plus détaillé de ces journées parviendra par mail aux membres de l'association. Il sera également disponible sur le site Internet de Contact
Contact est chargé d'organiser ces journées. Il nous faut notamment
trouver le moyen d'héberger les participants (une quarantaine)
qui viennent de toutes les universités françaises. Toute
aide est la bienvenue. N'hésitez pas à proposer vos bras,
des possibilités de couchage ou à annoncer votre présence,
soit par mail à
actifs-contact@egroups.com,
soit par téléphone au 06 61 64 82 04.
Historique
La Confédération des Étudiants-Chercheurs s'est formée le 2 mars 1996 pour répondre à la fois aux attentes de nombreuses associations locales ou thématiques d'étudiant-chercheurs et à celles d'étudiants-chercheurs et de chercheurs dispersés, réunis par le réseau Internet autour du mouvement HotDocs. Ce forum de discussion apparu fin 1994, débattant de tout ce qui concerne le doctorat et le doctorant, diffusait en avril 1995 le rapport intitulé "Formation doctorale : enjeux, bilan, propositions''. Devant la gravité de la situation de la Formation Doctorale française (flux important de docteurs, débouchés de plus en plus faibles), il est apparu nécessaire de fédérer les efforts accomplis à un niveau local, ou dans certaines disciplines, en matière de réflexion sur le statut et le devenir des étudiants-chercheurs. Le terme d'étudiant-chercheur est un concept large qui comprend les étudiants de troisième cycle, ainsi que toutes les personnes en situation précaire ayant suivi une formation doctorale (ATER, post-docs, chômeurs...). C'est ainsi qu'est née la Confédération des Étudiants-Chercheurs, qui se définit comme une structure permanente et pérenne dans un monde associatif instable. Elle est indépendante, autonome et interdisciplinaire. Elle se veut être une voix forte, cohérente et représentative, et constitue à ce titre une force de proposition sur des thèmes tels que les études doctorales, le troisième cycle, l'Enseignement Supérieur et la Recherche.
La CEC oriente ses actions en fonction des deux objectifs suivants :
· obtenir la reconnaissance d'un véritable statut pour les doctorants ;
· améliorer au niveau national
l'adéquation entre le doctorant et le marché du travail, en
contribuant notamment au développement des débouchés
professionnels tant publics que privés
La représentativité de la CEC
La CEC a regroupé en son sein quelque 35 associations, soit plus de
2000 doctorants issus de toutes les disciplines universitaires : de l'Ethnologie
à la Pharmacie, en passant par les Lettres, l'Électronique,
la Biologie, les Mathématiques, l'Économie, le Droit. Contact
a décidé dès le début de faire partie de la
CEC.
Pour un collège d'étudiants-chercheurs
Il n'existe aucun collège qui représente pleinement les
Étudiants-Chercheurs au CNESER. De plus, alors qu'il serait normal
que tous appartiennent au même collège, les doctorants sans
charge d'enseignement sont rattachés au collège des
étudiants, les moniteurs et ATER au collège des enseignants
-chercheurs, et les post-docs à aucun. Pour toutes ces raisons, une
des revendications de la CEC est la création d'un collège propre
aux Étudiants-Chercheurs car c'est à cette seule condition
que le CNESER offrira un panel réellement représentatif de
l'Université et de tous ses acteurs.
De la thèse et de ses débouchés
La thèse représente une expérience de recherche mais
correspond également à une période de formation pour
le doctorant. L'augmentation du nombre d'inscrits en thèse va de pair
avec le rallongement de la durée des études : il s'agit pour
les étudiants de parfaire leur formation, et d'accéderaux niveaux
supérieurs de diplômes, qui sont censés garantir un
accès plus facile à une profession visée. Or rien n'est
moins simple. L'absence de débouchés, qui se matérialise
par un taux important de docteurs chômeurs (sans compter les post-docs,
qui deviennent une véritable voie d'attente de recrutement), souligne
une fois de plus le problème de la corrélation entre formation
universitaire et monde du travail.
Des personnels de la Recherche
Ceci est d'autant plus important que, dans le cas des débouchés
des jeunes docteurs, c'est l'Université elle-même qui, dans
une certaine mesure, aggrave le problème : le faible nombre de postes,
et la forte concurrence qui s'ensuit, rendent la Thèse de Doctorat
insuffisante pour une carrière académique, et poussent les
jeunes docteurs à la course aux formations complémentaire.
Aux trois ans de thèse se rajoutent bientôt un ou deux ans d'ATER,
et un ou deux ans de post-docs, et les chercheurs de la Recherche Publique
sont de moins en moins des fonctionnaires, et de plus en plus des contractuels
en situation précaire. D'ailleurs, la proportion actuelle des doctorants
dans le monde de la recherche annonce déjà la couleur de la
situation à venir.
Des enseignants du supérieur
Ces débouchés dits académiques (postes d'enseignants-chercheurs à l'Univer-sité, chercheurs EPST) sont les débouchés logiques des thèses de troisième cycle. Pourtant, l'Université est la proie de remises en causes profondes de ses missions, et en particulier de la façon de gérer le fossé entre enseignement secondaire et enseignement supérieur. Si l'on persiste à croire en une université où l'enseignement se trouve enrichi à tout instant par la double compétence de ses acteurs (enseignement et recherche), comment justifier les recrutements massifs, en premier cycle universitaire, de Professeurs Agrégés du Secondaire, dont les compétences pédagogiques sont notoires, mais qui se trouvent statutairement détachés des préoccupations de recherche ? C'est la secondarisation du DEUG qui est donc au cur de la question.
Le problème doit donc être soulevé : un enseignant à
l'Université doit-il nécessaire-ment être chercheur ?
La question semble curieuse, si l'on considère les fondements même
de l'enseignement à l'Université, mais elle est imposée
par les faits.
Débouchés extra-académiques
La CEC se préoccupe également de la valorisation de la thèse dans les contextes professionnels extra-académiques. Étudier l'image des docteurs dans le milieu de la recherche industrielle, améliorer le contenu de la formation par la recherche à l'Université, en rapport avec ce débouché extra-académique, valoriser cette même formation auprès des acteurs de la recherche industrielle, sont les trois pôles d'attention de la CEC à ce sujet.
Dans ce cadre, des initiatives sont mises en place localement par des associations membres de la CEC en relation avec les PME et PMI. Il s'agit de faire du débouché extra-académique une alternative réelle aux emplois académiques pour les jeunes docteurs. En particulier, la CEC demande à ce que le doctorat soit reconnu par les conventions collectives.
Tous ces thèmes seront abordés au cours de larges débats les 30, 31 octobre et 1er novembre, à Montpellier.
Sur le serveur du Ministère on trouve actuellement un bilan des recrutements MdC et Professeurs 1998 et perspectives 1999 datant de mai dernier (http://www.education.gouv.fr/sup/ bilanecher.htm).
Bilan des postes publiés et pourvus par année et corps
publiés |
pourvus |
pourvus |
publiés |
pourvus |
pourvus |
publiés |
pourvus |
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Une première analyse rapide permet de voir que sur le total des postes publiés, la tendance à la hausse perçue dès 1998 se maintient (4426 et 4310 postes publiés au total en 1998 et 1999 contre 3103 en 1997). Pouvons-nous espérer que la tendance va se maintenir ? Comme le dit très clairement le communiqué de presse du ministère, "D'ici 2012, 50 % des enseignants-chercheurs auront atteint l'âge de 60 ans (45 % l'âge de 65 ans). L'âge moyen constaté des départs à la retraite sur les cinq dernières années était de 63 ans, c'est près de 50 % des enseignants-chercheurs qui devront être remplacés avant 2012."
Par sa politique actuelle d'augmentation des postes publiés, le ministère compte ainsi anticiper ce phénomène de la pyramide des âges et ce afin d'éviter de se retrouver devant le même problème dans quelques décennies. Ca c'est pour la touche optimiste.
Seulement "départ en retraite" ne veut pas forcement dire "renouvellement de poste". En effet, il faut noter que le taux actuel de recrutement des organismes publics de recherche est de 2,5%. Pour remplacer tous les départs en retraite pour la prochaine décennie, il faudrait passer à un taux de recrutement de 7% . Je ne pense pas que le gouvernement, quel qu'il soit, se permette de tripler sa politique de recrutement sur 10 ans... Sur ce tableau on note aussi une augmentation des postes de Professeurs au détriment des postes de Maîtres de conférences pour cette dernière année : 2776 postes de MdC publies en 1999 pour 3198 en 1998. Ca c'est pour la touche pessimiste.
Entre l'optimisme et le pessimisme, je vous laisse faire votre choix. Je
mettrais pour ma part quand même un bémol à certains
passages du même communiqué de presse ou on peut lire "La campagne
de recrutement des enseignants-chercheurs pour l'année 1999,[...]
est, comme en 1998, d'une ampleur exceptionnelle" ou encore "Un effort
particulier a été fait pour augmenter le nombre de postes de
maîtres de conférences". Excusez-moi de prendre un peu partie
mais je suis encore en thèse...
Paru au BO n 27 du 8 Juillet 1999 :
Procédure de qualification des maîtres de conférences - année 1999-2000 :
- Publication de l'arrêté d'ouverture pour l'inscription sur la liste de qualification : 12 octobre 1999
- Clôture des inscriptions : 10 novembre 1999
- Désignation des rapporteurs par le Conseil national des universités : du 10 au 21 janvier 2000
- Envoi du nom des rapporteurs aux candidats (la thèse ou l'habilitation doit avoir été soutenue a cette date) : 31 janvier 2000
- Réunion des sections du Conseil national des universités : du 6 au 31 mars 2000
- Envoi des résultats de la qualification : du 3 au 7 avril 2000.
Web : http://www.
education.gouv.fr/bo/1999/27/perso.htm
D'une manière générale, l'amélioration de l'activité économique de ces dernières années profite largement au positionnement des jeunes diplômés sur le marché du travail.
Une enquête réalisée en 1998 par l'APEC auprès des jeunes diplômés inscrits chez eux (5640 dossiers de jeunes diplômés ayant au minimum un diplôme Bac + 4 ont été analysés) montre clairement les principales tendances. La reprise observée en 1996 s'est confirmée en 1997 et 1998. Le chiffre de 43100 recrutements de jeunes diplômés dans le secteur privé en tant que cadre en 1997 dépasse le niveau "historique" de 39100 recrutement atteint en 1989. Deux ans après leur inscription à l 'APEC, 84 % des JD ont un emploi (en deux années le taux d'activité a progressé de 11 points). Pour plus de la moitié, il s'agit du premier emploi après l'obtention du diplôme. 47 % souhaitent y rester quelques années, les autres considérant cet emploi comme transitoire ou inadapté.
La fonction informatique est le principal moteur du marché de l'emploi des jeunes diplômés (23% l'exercent contre 14% l'année précédente, 32% pour les JD de la filière physique-chimie).
On observe 66% de cadres parmi les jeunes diplômés en activité (+8 points en un an). Les cadres débutants ont, pour la plupart, obtenu leur statut dès l'embauche (90%) et 86% de ces jeunes cadres sont en CDI (pour 79% de CDI pour l'ensemble des jeunes diplômés).
Les jeunes diplômés travaillent principalement dans les entreprises de moins de 500 salariés (61%). Les conditions d'accès à l'emploi varient peu. Les principaux moyens d'obtention d'un emploi se répartissent en 41 % à partir d'annonces, 28% à partir de candidatures spontanées (l'approche directe demeure donc un moyen efficace d'être recruté), 14 % à partir de relations person-nelles et seulement 5% à partir d'un stage.
La discipline de formation est déterminante du taux d'activité : tous ne sont pas logés à la même enseigne. Depuis des années, les diplômés de physique-chimie peinent à trouver un emploi. La demande en informaticiens leur a permis de rétablir un bon taux d'activité (+22 points en deux ans). La discipline détermine également en partie les conditions d'emploi et dans certaines disciplines, la nature du diplôme (Université /Ecoles) joue un rôle important.
La mobilité est un élément de réussite de l'insertion
professionnelle. En moyenne, plus de 60% des JD changent de région
contre 50% l'année précédente.
2. Qu'en est-il au niveau des thésards ?
Il se raconte beaucoup de choses sur les thésards, sur le fait qu'ils ne trouvent pas facilement d'emplois, qu'ils traînent dans des stages " post-doc " avec l'espoir souvent vain d'intégrer un laboratoire d'enseignement supérieur ou de recherche, qu'ils sont trop spécialisés, avec des compétences inadaptées aux besoins des entreprises...
En fait, l'analyse de l'insertion et de la situation professionnelle des titulaires d'un doctorat montre des situations beaucoup plus nuancées, voir paradoxales.
Au début des années 90, 1 à 2% seulement des nouveaux thésards (ils n'étaient que 6800) restaient sans emplois trois mois après la soutenance de leur thèse. En 1994, ils étaient 11,5% dans ce cas, en 1996, 14,8% (certaines filières étant particulièrement fermées). L'examen du devenir de ces jeunes diplômés montre que 20% à 25% seulement d'entre eux intègrent l'enseignement supérieur et la recherche : sur les 9800 étudiants ayant soutenu leur thèse en 1995, seuls 2000 à 2500 d'entre eux ont été recrutés sur des postes de maîtres de conférence ou de chercheurs. Pourtant 38% des maîtrises se poursuivent par un DEA et 35% des DEA par un Doctorat...(on a toutefois observé pour la première fois depuis 1989 une baisse du nombre des soutenances de thèses en 1996).
Il y a une inadéquation croissante entre l'offre et la demande de la filière recherche/ enseignement supérieur. Ceci à moins que le taux de recrutement passe à 7%, ce qui de toute façon ne résoudra pas le problème des thésards les plus anciens
Il faut que le système universitaire combatte cette illusion de débouchés, même si il trouve dans de nombreux thésards sa justification et une main d'uvre compétente et consciencieuse. Si les débouchés en entreprise augmentent, les emplois stables dans les universités et les organismes de recherche sont en baisse
Une fois ce constat fait, il faut bien admettre que les jeunes docteurs sont mal (voire pas) préparés à affronter le marché de l'emploi. Isolés dans leurs laboratoires, ils ont souvent le sentiment qu'ils ont passé des années à accumuler des connaissances théoriques sans avoir appris aucun métier. Faute d'être conscients que leur formation leur apporte des compétences transférables à d'autres activités et recherchées par des entreprises, ils restent convaincus qu'il n'y a pas d'autres sorties que la recherche.
Pourtant, certains chiffres parlent en leur faveur et montrent que tout n'est pas aussi caricatural. Une enquête du CEREQ (Centre d'Etudes et de Recherche sur les Qualifications) a fait ainsi apparaître que 33 mois après leur sortie de l'enseignement supérieur, le taux de chômage des docteurs est inférieur à celui des autres diplômés universitaires. En mars 1997, il était de 7,9% pour les thésards, de 9,3% pour l'ensemble des 3ème cycles, les DEA et DESS dépassant les 10%.
Ces chiffres ne sont pas illogiques. Suite à une formation aussi longue et aussi précise, l'adéquation au marché et à un poste de travail est plus lente que pour d'autres. Préoccupé par sa recherche (et sa charge de travail !), le doctorant s'est éloigné de la réalité économique quotidienne et ne s'est pas véritablement soucié de sa future insertion professionnelle (sauf de celle qui s'inscrit dans la suite de ses travaux).
Par ailleurs, les entreprises, même si elles préfèrent a priori recruter un ingénieur de 24 ans qu'un thésard de 29, ont peu à peu identifié les qualités et l'intérêt d'un docteur, même si ce sont d'abord les sociétés d'ingéniérie, de prestations de services, de recherche sous contrat qui font appel à eux (environ la moitié des thésards placés en entreprises).
Au niveau des docteurs scientifiques, une enquête menée par l'Association Bernard Grégory auprès de 987 de ses membres entre octobre 1996 et décembre 1997 montre que 42% des jeunes docteurs sont recrutés en entreprise, chiffre variant selon les domaines de formation (de 60% pour l'électronique à 33% pour les sciences de la vie), que 15% d'entre eux occupent un poste statutaire dans le secteur public, que 8% ont un emploi temporaire dans les laboratoires publics et que 12% sont à l'étranger (stage post-doc ou emploi en entreprise pour un tiers). Les 13% restant ont des situations diverses : chômage, reconver-sion, emploi déqualifié,...
Le point le plus inattendu de cette enquête est la bonne tenue des
docteurs universitaires face aux docteurs ingénieurs par rapport au
recrutement en entreprise : 56% des jeunes docteurs recrutés en entreprise
en 1996/97 étaient de formation universitaire. Il n'empêche
que les ingénieurs choisissent davantage ce débouché
puisque 53% des docteurs ingénieurs contre 37% de l'ensemble des docteurs
universitaires sont recrutés en entreprise.
3. Quels sont les atouts et les faiblesses du thésard vis à
vis de l'entreprise?
C'est d'abord quelqu'un qui a appris à apprendre, non seulement des connais-sances théoriques et livresques mais également pratiques et opérationnelles (et sans le savoir, souvent managériales). Au quotidien, il est fréquemment face à un nouveau problème à résoudre (les hypothèses formulées ne se vérifient pas), à une organisation défaillante (logistique, moyens matériels et humains insuffisants, désorganisés et désorganisants), à des difficultés relationnelles (dissension dans une équipe, luttes intestines, enjeux de pouvoir entre personnes, entre services,...). C'est dire qu'il dispose déjà d'une certaine expérience professionnelle proche du contexte de l'entreprise et que cet univers difficile voire hostile lui a fait acquérir une résistance au stress fort utile en entreprise.
C'est ensuite quelqu'un, particulière-ment les scientifiques, qui fait preuve d'une grande curiosité et ouverture d'esprit et qui, en développant ses capacités d'analyse et de résolution des problèmes, est particulièrement apte à porter l'innovation dans l'entreprise en ayant accès à des ressources en savoir et savoir faire qui existent déjà, en les combinant, en les intégrant à l'organisation existante.
C'est également quelqu'un qui dispose généralement d'une bonne capacité à communiquer avec aisance, capacité qu'il a développée dans les communications écrites et orales qu'il a été amené à faire lors de séminaires ou colloques.
C'est enfin quelqu'un qui dispose finalement de 3 ans devant soi pour affi-ner son projet professionnel, apprendre à se vendre, explorer son environnement économique et se faire connaître. Ces années passées sur une thèse ont également obligé le thésard à inscrire sa réflexion sur le long terme ce qui peut être utilisé pour aider l'entreprise à concevoir son parcours d'un point de vue structurel plutôt que ponctuel ou conjoncturel (planification).
Mais son esprit d'analyse, qui est un atout, peut le pousser à aller toujours plus en avant dans l'explication, le détail, la recherche des causes ce qui n'est pas la priorité de l'entreprise. Il faut donc travailler l'esprit de synthèse et se dégager du problème pour développer une vision stratégique. Sa capacité de communication doit prendre en compte la nécessité de savoir communiquer clairement son savoir et son expérience en s'adaptant à son auditoire et en abandonnant les pratiques ésotériques du spécialiste. Sa capacité de planification ne doit pas lui faire oublier l'action, l'obligation de résultats et la nécessaire réactivité face à la concurrence (réagir vite sans oublier le long terme, pas facile...).
Enfin, il ne sait pas vraiment se mettre en valeur (nécessité
d'un marketing personnel) et il n'empêchera pas la méfiance
des PME (il sera souvent plus diplômé que le patron), le lobby
des ingénieurs et le premier réflexe de l'employeur éventuel
: pourquoi avez vous fait des études aussi longues ? (c'est-à-dire
avez-vous peur de vous engager dans la vie active?).
4. La voie de la création d'entreprise
Dans ces conditions, certains jeunes thésards ont parfois la prise de conscience qu'il est possible d'agir par soit même et de tenter de prendre en main leur propre destinée: pourquoi ne pas tenter de créer une entreprise ?
Il est vrai, même si cela peut surprendre, que bon nombre de ces jeunes diplômés disposent des caractères dominants du créateur d'entreprise ! En effet, et nous l'avons déjà signalé dans ses atouts, le thésard a, en fin d'un véritable parcours du combattant, une longue pratique d'un environnement très particulier caractérisé par une logistique et des moyens matériels et humains souvent insuffisants et désorganisés (avec lesquels il faut se " débrouiller "), une sélection omniprésente mais inavouée appli-quée selon des critères souvent insuffisam-ment précisés, évolutifs dans le temps, des luttes intestines, des enjeux de pouvoir... Beaucoup d'entreprises pourraient se reconnaître dans cette description !
Des raisons personnelles fortement liées à la personnalité (besoin d'indépendance, besoin d'accomplissement, recherche d'autonomie), à l'environnement familial (fils d'entrepreneur), à l'origine sociale (une origine modeste ne permet pas de profiter de l'effet de caste que l'on trouve dans les grandes Ecoles) vont inciter à " sauter le pas " et compléter ces caractéristiques.
Plus d'une quarantaine d'entre-prises ont déjà été créées par des docteurs de l'Université Montpellier II. Ce mouve-ment s'accentue du fait d'un engagement clair de l'Université dans cette dynamique, d'approches partenariales opérationnelles avec des professionnels régionaux de l'accompagne-ment à la création et d'incitations fortes du Ministère de la Recherche et de l'Enseigne-ment supérieur dans ce domaine.
Rappelons que dans le cadre du Concours National de création d'entreprises
de technologies innovantes lancé par le Ministère au printemps
dernier, le Prix spécial Thésard national a été
obtenu par une doctorante de l'UM II et qu'actuellement 4 entreprises
technologiques crées par des thésards sont hébergés
dans cette Université.
Alain Guilbot
Délégué à la Valorisation et aux Relations
Industrielles de l'Université Montpellier II
Le projet "ADOCAM 2000" vous concerne !!!
Pour mémoire, 47% des docteurs à la recherche d'un emploi ont eu un entretien d'embauche (travail ou post-doc) via l'Adocam 1998. A ce sujet, vous pouvez relire le journal n° 19 (à cette adresse : http://www.agro polis.fr/~contact/journal/j19.html#Adocam)
Cette année encore, nous invitons les docteurs ès Sciences à la recherche d'un emploi et les doctorants 3ème année à s'inscrire dans l'ADOCAM 2000, moyennant une participation de 50 F, via internet sur le site de l'association Contact : http://www.agro polis.fr/~contact/ ou au local de Contact pendant les permanences : le mardi et le jeudi de 13 à 14h (sous-sol Bât 24).
Votre CV est diffusé à l'échelle nationale à
1500 cabinets de recrutements et à 1500 entreprises. Pour plus de
renseignements, contactez Sandrine Mas
(mas@arpb.univ-montp2.fr)
Suite à un besoin exprimé par certains bureaux de recrutement et autres responsables de Ressources Humaines, Contact a décidé d'offrir à ces partenaires de la vie économique un moyen plus moderne et un peu plus structuré de nous envoyer leurs offres d'emplois.
Actuellement, les offres d'emplois que nous recevons (et redistribuons sur différentes listes de diffusion) passent en majorité par le courrier, quelques unes par téléphone et certaines par Emails (courriers électroniques).
Par l'intermédiaire de ce nouveau formulaire électronique (http://www.agropolis .fr/~contact/offempl.html), Contact peut dorénavant recevoir une offre d'emploi de manière structurée et donc en retirer plus rapidement les informations essentielles pour diffuser cette offre d'emploi auprès des docteurs et doctorants les plus susceptibles d'être intéressés. De plus ce système permet de mettre en consultation (toujours sur le serveur de l'asso) les différentes offres d'emplois reçues par ce biais grâce à la gestion informatique de ces offres.
Contact tient à vous rappeler que toutes les offres d'emplois reçues
par courrier (électronique ou pas) sont affichées sur le panneau
prévu à cette intention au local de l'association. N'hésitez
pas à venir les consulter !
Depuis 1992, un jeune docteur sur deux connaît une insertion professionnelle longue et difficile c'est à dire qu'il ne parvient pas à trouver un emploi stable dans l'année qui suit l'obtention de la thèse. Ainsi 6 mois après la soutenance de leur thèse, les Etablissements d'enseignement supérieur ont recruté 11% seulement des docteurs diplômés en 97 et les organismes de recherche un peu plus de 6%.
Ce n'est pas le secteur académique qui recrute le plus de jeunes docteurs six mois après l'obtention de leur diplôme mais le secteur des entreprises (18 %). Si les débouchés dans les entreprises augmentent, les emplois stables dans les universités et les organismes de recherche sont en baisse et les situations d'attente toujours plus nombreuses, malheureusement.
Enfin, et c'est une spécificité française, les docteurs
sont très peu prisés par le secteur privé comparé
à l'ingénieur et ils le sont d'autant moins qu'ils sont
restés longtemps au cur du système académique
(ATER, post-docs...).
2. Syn'Act, en résumé
En 1997, Contact a mis en place une opération dont le but est de valoriser la formation doctorale et de favoriser l'intégration de docteurs dans l'entreprise. Les docteurs peuvent exercer leurs compétences dans nombre d'activités (nous en sommes convaincus), encore faut-il qu'ils aient conscience des compétences et qualités qu'ils ont acquises tout au long de leurs Etudes et de leur expérience de recherche.
Aujourd'hui la majorité des emplois (environ 80%) sont pourvus par approche directe. C'est pourquoi, Syn'Act s'appuie sur la création de réseaux, l'activation et le développement de projets en entreprise. Elle permet aux docteurs participants de valoriser leur formation et leurs compétences par un contact direct avec les entreprises, de contribuer à la création de leur emploi.
Cette opération s'appuie aussi sur une formation assurée par
des formateurs (techniques de recherche d'emploi, connais-sance de l'entreprise,
assurance qualité, management de projet), le développement
de contacts professionnels et un soutien technique (réseau d'experts
et scientifiques).
3. Résultats
Nous avons accueilli au sein de Syn'Act depuis 1997, 3 groupes de 10 à
15 docteurs. En attendant les résultats du dernier groupe, pour l'instant
83% des jeunes docteurs formés ont signé un contrat de travail
en adéquation avec leur formation ou leur niveau
d'étude.
4. En conclusion
Depuis 1997, de nombreuses actions se sont développées organisées par les universités et des associations de doctorants (cf. formations parallèles ou les Doctoriales) et il existe de nombreuses manifestations et rencontres docteurs /entreprises.
Dans ce contexte, l'opération Syn'Act est une initiative réellement novatrice dans le domaine de l'insertion professionnelle des thésards. Ce type d'action aide les docteurs mais aussi les entreprises en mettant leur disposition des jeunes non seulement bien formés, mais mûris par une réflexion, un projet professionnel et un échange avec d'autres docteurs ou avec des seniors. Une réflexion sur la carrière professionnelle des scientifiques nous paraît indispensable mais un journal n'y suffirait pas.
Enfin, nous incitons tous les jeunes docteurs à la recherche d'un emploi à nous contacter.
Si vous connaissez des docteurs en difficulté, conseillez leur de venir nous rencontrer.
UNE PROCHAINE SESSION EST PREVUE EN NOVEMBRE 1999. Contactez Nathalie JAUSONS
04.67.14.42.83 email :
njausons@univ-montp2.fr