La thèse peut être vue un peu comme une course de fond : il faut se montrer résistant et opiniâtre durant toute sa durée. La dernière partie, celle de la rédaction, s’apparente alors au sprint final...On en a marre et on a envie que ça s’arrête, mais il faut aller jusqu’au bout et donner le meilleur de soi même. On différencie deux types de thèses : les thèses « sur papiers », qui comporteront en général trois publications. Les thèses « classiques », rédigées sous forme de mémoire. Quel que soit le type de manuscrit choisi, la thèse doit être rédigée et soutenue obligatoirement en français sauf cas particuliers des labels européens et de cotutelle. Un label européen est obtenu lors d’un séjour d’au moins un trimestre dans un laboratoire situé dans un autre pays européen. Dans ce cas, la soutenance orale devra être soutenue dans les deux langues, et le manuscrit devra comporter un long résumé dans l’autre langue. En ce qui concerne les thèses en cotutelle, la soutenance a lieu dans les deux langues, et le lieu de soutenance détermine la langue de rédaction dominante, même si un long résumé dans l’autre langue doit toujours figurer.
Selon l’article 11 de loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française : Art. 11. - La langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessitées de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers.
Notez qu’il appartient aux différents conseils d’établissements de décider des modalités de rédaction d’une thèse.
À l’Université Montpellier 2, il est du ressort des écoles doctorales d’établir les conditions pour approuver ou non une thèse sur travaux... Voyez donc simultanément vos directeurs d’ED et de thèse... pour éviter les confusions.Lorsque l’on rédige sa thèse, les contraintes finales de dates définies par l’administration sont fixes, bien que la durée de rédaction diffère (on y reviendra...). Il faut donc prévoir...(voir le chapitre suivant)
1. POUR LA SOUTENANCE A DATE J...
J - 6 semaines : Désignation des rapporteurs par l’annexe A (Habilités à Diriger des Recherches, extérieurs à l’ED et à Montpellier, et PAS le directeur de thèse), remise du mémoire de thèse à l’administration (mémoire en recto qui peut être en N/B), composition prévisionnelle du jury, mise à jour de l’ADUM.
NB : vous vous engagez alors à envoyer la thèse sous 48h aux rapporteurs. Ces 48h peuvent vous permettre de finaliser le mémoire (forme, sommaires...) et peuvent être officieusement extensibles selon les rapporteurs...
J - 3 semaines : désignation des membres du jury dans l’annexe B, et établissement d’une date de soutenance. Le jury comprend au moins trois membres et au maximum 6 membres dont obligatoirement le directeur de thèse et un Professeur de l’UM II. Un tiers du jury au moins doit être extérieur à l’établissement et à l’école doctorale et la moitié au moins composée de cadre A (Professeur ou assimilés), le Directeur de thèse ne peut être choisi comme Président de JURY.
NB : L’annexe B ne peut être déposée sans avoir reçu les rapports des rapporteurs. Ces rapports, souvent attendus avec beaucoup d’impatience donnent un avis sur la thèse (fond, forme) et sur la soutenance.
Il faut alors préparer l’oral : 45 min de présentation équivalent à 50 diapos power point environ, et cela prend un peu de temps à réaliser tout de même...On a tendance à attendre le dernier moment pour s’y mettre. Bien évidemment c’est une erreur : pour une fois que le travail à exécuter est bien défini, autant prendre le temps pour ne pas être stressé...Une maîtrise parfaite de sa présentation orale garantit moins de tension et de stress à l’arrivée.
S’informer sur d’éventuelles publications parues sur notre sujet juste avant la soutenance peut s’avérer utile pour répondre aux questions du jury : en effet, durant la fin de la rédaction, il y a des chances pour qu’on ait fait un gros « blanc » dans la vieille biblio !!!
La date de soutenance est déterminée par la disponibilité des membres du jury. Le directeur de thèse propose, et ils disposent...
2. ET LA REDACTION !
Pour une thèse « sur papiers », la rédaction commence dès l’écriture de la première publication. Certains doctorants (vernis) ont de la matière pour écrire sur leur DEA et ont ainsi rapidement une première publication. Il faut compter environ 6 mois entre l’écriture d’un article et sa soumission, et 1 à 2 ans pour qu’il soit publié. Ainsi, à la fin du contrat de thèse, la rédaction peut être extrêmement rapide : partie bibliographique introductive, liens entre les articles (expliquer la démarche et les avancées scientifiques), conclusion et perspectives. De plus, autre avantage, ce type de thèse est immédiatement valorisable (pour les contrats de qualification par exemple, dont les dossiers doivent être constitués avant fin Décembre). On peut donc prévoir 2 à 3 mois pour la rédaction...cela peut aussi s’étendre jusqu’à 6 mois.
Les thèses « mémoire » s’écrivent sur une durée plus longue...car il faut tout écrire, faire toutes les figures...tout soumettre au directeur de thèse (alors que pour la thèse sur papiers, cette étape est faite AVANT). Cependant, l’avantage de tout écrire est qu’on peut développer sa thèse à fond, exploiter toutes les hypothèses, ajouter une touche plus personnelle : c’est un « mémoire.... ». Au contraire, dans les papiers, on synthétise, on synthétise... Toutes les thèses ne permettent pas d’écrire plusieurs papiers avant la fin. Quand il y a beaucoup de données analytiques à acquérir, beaucoup de travail en labo, on n’a guère le temps d’écrire une publication. De plus, lorsque la thèse nécessite l’utilisation de beaucoup de méthodes analytiques complémentaires, il est difficile d’interpréter avant l’acquisition de la totalité des résultats. Ce type de thèse peut prendre du temps à écrire, il faut s’y prendre tôt (avant la fin de la troisième année) et fixer une date ferme pour la fin des manips (c’est tellement facile de tomber dans l’envie d’en faire un peu plus pour avoir une meilleure thèse...). Les intérêts du directeur et du thésard ne concordent pas forcément à cette période.
Pensez bien que si votre temps de rédaction dépasse la date de fin de contrat, vous serez au chômage : c’est bien, vous diront les « vieux de la vieille » qui n’en bénéficiaient pas.... Certes, mais idéalement une ARE (allocation de retour à l’emploi) sert aussi à chercher un emploi en évitant une situation financière trop précaire. Et dites-vous bien que trouver un emploi après la thèse n’est pas toujours immédiat...Voir chapitre 3, après la thèse.
GESTION DU STRESS TOUT AU LONG DE VOTRE THESE
Le début de la thèse est souvent une réussite en soi : l’aboutissement d’une longue période d’études, l’obtention de la bourse rêvée avec le sujet idéal. L’idéalisation de la recherche et de la thèse peut être la raison pour laquelle le thésard commencera à se sentir mal lorsque les choses ne se déroulent pas comme il l’espérait.
Les paramètres inhérents à un travail de recherche sont clairement des facteurs de stress pour un doctorant. L’activité de recherche nécessite une remise en question permanente qui peut être difficile à gérer et induire un manque de confiance, une instabilité. Le facteur temps est aussi difficile à gérer dans l’activité de recherche. Il faut réussir à gérer un projet durant un temps défini mais tellement long qu’il semble extensible. L’absence de rôle clairement défini peut aussi induire un stress chez le thésard. Le doctorant est toujours étudiant, mais on attend de lui qu’il se comporte comme un chercheur du point de vue des prises d’initiatives, de l’investissement dans son travail, de la confrontation à l’équipe : dur à gérer. Le directeur de thèse peut être parfait (ça existe certainement...) mais aussi absent, autoritaire, despotique...
Face à des situations de stress, chacun développe des techniques destinées à les maîtriser. Le stress convenablement maîtrisé peut alors jouer un rôle moteur et positif, en conduisant chacun à se dépasser. Ces techniques de maîtrise du stress sont : • La gestion de la situation, qui comporte plusieurs étapes : cibler les objectifs, rechercher les informations, élaborer un plan d’action, rechercher un soutien et des conseils • L’entraînement à la situation : c’est une activité fondamentale que vous pratiquerez sans le savoir et qui constitue un véritable apprentissage des situations de stress.
Ce qu’il faut absolument éviter : Ne vous enfermez pas dans des emplois du temps rigides du style ”je dois avoir écrit 100 pages à telle date”. La planification de votre travail est nécessaire, mais doit être suffisamment souple et adaptable aux circonstances. Ne vous repliez pas sur vous-même en refusant de vous accorder toute pause. N’ayez pas recours à des expédients comme la consommation de somnifères, d’anxiolytiques ou de psychostimulants. Ce sont des produits actifs, dont l’utilisation incontrôlée peut être très dangereuse.
Malgré tout, il y aura des moments où vous vous sentirez dépassé, mal-en-point, vous aurez l’impression que vous n’y arriverez jamais, vous sentez que vous craquez. Avant d’arriver à cette phase, des signes précurseurs apparaissent et sont des signaux d’alarme que vous devez savoir repérer. Ce sont les difficultés de sommeil, l’irritabilité, le sentiment de tension intérieure. Ne négligez pas ces symptômes et ne vous en culpabilisez pas. Parlez-en franchement à votre directeur de thèse et à vos collègues car vous devez vous aménager un temps de repos. Se mettre au vert quelques jours. L’apparition des symptômes de stress aigu signifie qu’il est grand temps de faire une pause. Ignorez les et les choses vont se dégrader assez vite et de manière plutôt désagréable... Il vaut bien mieux s’éloigner plusieurs jours, sans bouquins, sans documents, ni ordinateur, histoire de manger, dormir, voir vos proches et prendre l’air.
Si les difficultés persistent ? Vous vous sentez débordé, vous partez une semaine buller dans un paysage bucolique, à regarder les vaches brouter et à votre retour, rien n’a changé. Dans ce cas, vous avez besoin d’aide extérieure pour mieux gérer le stress. En prenant du recul et avec une aide extérieure, vous comprendrez peut-être qu’il est temps pour vous de changer de positionnement professionnel. Cela peut aller de la simple mise au point avec vos collègues à un changement plus global.
NOS CONSEILS
Savoir se dégager de la situation stressante : Quelle que soit votre capacité de travail et de concentration, vous ne pouvez pas pendant plusieurs années vous consacrer uniquement à votre travail. Il est nécessaire de prendre des temps de repos pour récupérer.
Savoir faire des pauses : Ces moments de pause vous permettront de recharger vos batteries. Un week-end sans document à la mer ou à la montagne, une soirée avec des amis ou au cinéma sont nécessaires à votre équilibre. Vous ne devez surtout pas culpabiliser quand vous vous les accordez. Le temps en apparence perdu sera amplement regagné par un travail plus efficace ensuite.
Garder votre réseau de relations sociales et familiales : C’est votre bouteille d’oxygène, ce qui vous maintient dans la vie au-delà des murs du labo et des collègues de travail. Il y a une vie en dehors du labo et vous ne devez pas l’oublier. Veillez à votre forme physique : Dormez bien, mangez convenablement, faites une activité physique. Veillez à ne pas consommer trop de stimulants (café, thé, coca cola...).
Ménager son corps et son énergie : Le piège le plus fréquent est la dispersion d’énergie provenant de la surcharge de travail de thèse ou d’activité annexe. N’espérez pas vous en sortir en poussant la machine à fond tout en vous dispersant au maximum. Vous risquez de mettre votre santé en péril et de vous planter. Il est fortement recommandé d’avoir des horaires les plus réguliers possibles, de dormir suffisamment de bien s’alimenter. Ces conseils peuvent vous sembler naïfs, mais si vous faites n’importe quoi de votre corps, il vous le fera savoir.
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